Agathe survit entre les os
Agathe vit et se démultiplie
Agathe a mal en bas du dos
Agathe dort sur un sommier rigide
Agathe regarde entre ses doigts le vide
Agathe sourit de cendre et de lait
Agathe boit goulument son cacao
Agathe tourne les talons et franchit le seuil du matin
Les yeux, les ouvrir juste assez pour déposer la vue
mercredi 17 juin - 20h à la Belle Équipe 32 rue des Tables Claudiennes 69001 - métro Croix Paquet tarif 3 euros
Dans l'esprit d'une pièce radiophonique, avec des mélodies à la guitare composées par Sébastien Guillen, et un univers sonore mixé en direct, l'auteure Judith Lesur et le musicien François Lamy proposent d'accompagner La fille perchée en pointillé entre l'enfance et l'adolescence.
Elle nous invite à explorer son univers au gré de rencontres et d'expériences insolites qui la font grandir presque malgré elle.
C'est réfugiée dans un arbre qu'elle apprendra à affronter le monde des adultes, avec sa personnalité singulière et sensible.
L'équipe de mercure liquide vous invite au lancement de son dixième et dernier numéro !
Le jeudi 11 juin de 19h à 23h MJC Monplaisir - Lyon 8e 25 av des Frères Lumière Accès M° Sans Souci Gratuit
Au programme : Lectures insolites, expositions
(adultes et jeune public), musique, danse, courts métrages (adultes et
jeune public), salon d'éditeurs et présentation du nouveau numéro. Et en + + + Mercure liquidation totale du stock : des tout petits prix de vente pour les anciens numéros de la revue. Info : 06 88 74 32 94 ou contact@mercureliquide.com télécharger extraits et programme
Quand même mère
des fonds profonds.
Grand secret percé.
Domaine fascinant, tapant, berçant, flottant.
Mer tracée, faufilée sur les bords bordée,
remuée, mer splendeur crevée, épave où l'eau saoule.
Immobile mobile, doucement violente.
Mer ouverte et fermée, fascinante surface,
haleine forte.Balayée, frappée, mer cuirasse lisse perforée,
vomis les bouts d'épaves, les déchets.
L'enfer liquide, supplié, supplicié.
Mer noire, cendrée, surface poubelle.
Vol d'oiseau glué, couleurs moisies, pourries.
Qu'est-ce qui reste?
Cure, panser, soigner, prendre soin, prendre la mer en cure,
survivre et soigner, prendre soin pour transmettre,
panser pour la route et la mer curée.
Pas de chagrin.
DÉFINITION:
mère = femme qui engendre.
cure = soigner, bichonner, curer, cureter, avorter.
se faire liquider = naître.
J'ai deux amantes, Underwood et Understood. Je rejoins Miss Underwood dans mon grenier, je lui raconte des histoires qu'elle accepte parfois d'écrire. Quand je retrouve Miss Understood à la cave, je lui donne mes histoires à lire et elle ne les comprend pas.
Par les (h)auteurs :: 12/04/2009 à 14:53 :: Etienne Faye
Je ne suis pas du genre à rire toute la journée, et de moins en moins. De toute façon ce n’est pas un peu ridicule de rire toute la journée ? La vie ce n’est pas drôle, ce sont les films qui sont drôles, d’ailleurs c’est pour ça que je ne vais jamais au cinéma. Ce n’est pas le moment de rire. C’est la crise, alors j’ai raison, je sais que j’ai raison, je ne vais pas rire pendant que le monde s’écroule.
Mes actions France Telecom ont baissé de 50 %, les Bouygues de 40, les BNP Paribas je n’en parle même pas, ça vous mettrait le moral dans les chaussettes et ce n’est pas le but. Alors les fâcheux pourraient avoir le culot de me dire tu as encore des millions en actions. Mais… que vaut le CAC 40 aujourd’hui ? En 2003, sur les conseils d’un bon ami à moi, Bob, j’ai acheté des Ben Laden Construction Group, qui depuis montaient régulièrement, eh bien en l’espace de quelques jours, elles ont perdus tout le bénéfice de 5 ans de cotation ! Non, c’est la crise. Saachi et Saachi c’est bien simple, leurs actions sont tellement bas, bientôt je leur devrais du fric.
On a beau dire, les pauvres, tout ça, il y en a qui vont perdre leur emploi, c’est vrai, je compatis. Leur emploi de merde, entre nous, et pour gagner quoi, 3000, 4000 € par mois. Parfois moins. Imaginons qu’ils subissent deux ans de chômage, en moyenne. Ça fait combien de manque à gagner, 3000 € fois 12 mois fois 2 ans égal 72000 €. 72000 € c’est ce que j’ai perdu en un quart d’heure, le jour du Crach ! On a beau dire, mais c’est nous qui avons le plus souffert. Alors, bien sûr, les fâcheux pourront bien essayer de m’expliquer que j’ai aussi un gros patrimoine, mais c’est que ça s’entretient un mas dans le Lubéron, faut voir les impôts fonciers qu’on paye. Non, il faut vraiment poser la question : que vaut notre patrimoine aujourd’hui ?
Il n’y a pas de quoi rire. Je fais d’ailleurs une tronche de trois pieds de long, c'est-à-dire que les trois pieds c’est un peu comme si je les avais pris dans la figure, je fais la gueule et j’assume. Si j’ai quand même souvenir d’avoir sourit, cet automne. Je me promenais le long de la Saône, j’avais du vague à l’âme, vous savez, le CAC 40. Sur mon chemin de peine, le vent sifflait un air macabre entre les branches ajourées, un crachin gris cherchait à s’immiscer en moi. Le feuillage pourrissant sous mes pas ne craquait plus comme refusant de témoigner de mon passage, j’avais froid mais ne le sentais guère, je tremblais, mais le monde, en ce temps là, tremblait. Le sombre glas du capitalisme tonnait. J’aurais pu sauter dans le cours du fleuve, il était noir à souhait, comme une nuit, celle que je me souhaite. A cet endroit où l’on ne croise, d’habitude, le soir, que quelque pédé en maraude, j’ai vu deux enfants. Ils se battaient avec rage. C’était drôle.
Puis-je adhérer (à un objet)?
Qu'est-ce qu'adhérer en ce sens là?
Une réception attentive (affective
et/ou conceptuelle): une dynamique d'attention.
L'envers serait la répétition, la simplicité: recours à des
schémas dont l'articulation agence les mêmes logiques, autre forme
de la répétition donc.
Un piège:
s'éprouver en état de réception est un phantasme (de soi en tel
état), et, au contraire, l'effet d'un autisme. Le romantisme est
symptôme. On ne reçoit qu'à condition de produire en retour. La
réception est véritable lorsque dynamique.
Un indice: Quand
l'accumulation de réception dépasse un seuil, le sujet éprouve une
jouissance d'agir. Le poème cherche à configurer
artificiellement cet état.
Ce seuil, on l'appellera la
Vérité.
La Vérité s'optimise, en ce sens
qu'elle s'accroît selon des procédés volontaires.
Ainsi,
les objets suscitant notablement mon adhésion: tel livre, telle rue,
tel type de discussion... seront mis au premier rang du quotidien,
selon un rituel fétichisant, gourmand de temps et de patience;
démarche résumée par la figure de l'esthète.
Donc: Une dynamique d'attention
réelle éclot en jouissance d'agir que je rends consciente grâce à
une nominalisation du phénomène, contenu sous le mot Vérité,et
que je peux cultiver par mes soins volontaires
II Un tropisme
Cependant, des
habitudes automatiques abrasent le Différent pour le
Même.Mêmes
gestes, pensées, envies ne cessant d'actualiser ce qui ne change
pas: la mort. On sait déjà vers quel silence mort le flot de
divertissements de demain nous pousse.
Le corps et le temps ne sont plus accessibles que sous cet aspect. Je
ne les comprends que sous l'angle du signifiant mortifère qu'ils
portent: corps qui n'est plus le même, corps qui reste le même,
corps qui ne peut plus raconter comment il deviendra ancien. L'ancien
est devenu du vieux.
En moi, ça sonne. Parfois.
L'incompréhension, la fuite sonnent
comme des alarmes.
Avant que le réel ne cède, quand tout
est ici même, je m'alarme.
Heureusement pour moi.
Ca sonne quand mes actions deviennent
à mes yeux des actes (étranges car impulsifs et/ou répétitifs).
Et que ça coince, que ça me ramène au même (problème). Ce que le
quidam décide subitement ou régulièrement est l'indice de
l'ipséité malade qui le gouverne.
Or, tous nos gestes, presque tous, sont
faits en pilote automatique, selon un enchaînement rapide et
répétitif: toute notre conscience est engluée dans
unmiasme paralysant qui empêche l'esthète
en nous de prendre le pouvoir.
III Une technique
La technique d'émancipation de nos
habitus consiste à court-circuiter
nos fonctionnements.
Par un retrait réflexif, je peux:
interroger de quelle façon
je décide ce qui est décidé
lister mes choix et cerner le
dénominateur commun.
On découvre vite que les actes ne
cessent de ratifier une vision étroite et automatique. (En d'autres
termes: ça appauvrit l'Imaginaire, resserre la scène Symbolique et
crée les condition d'une rupture du Réel.)
Par un activisme plus physique, je peux
chercher à casser à l'aveugle mon système
névrotique. Puisque ce que je veux, ce que je fais contient un
mécanisme automatique qui travaille contre mon émancipation jusqu'à
la jouissance d'agir, puisque tout s'agence sans moi, sans le moi
souhaitable (éthique) qui adhère au monde, je réagis tout aussi
systématiquement en choisissant l'inverse de ce que
j'ai d'abord voulu. Je prends le chemin contraire, absurde,
inconfortable mais sur le versant adverse à ma pente naturelle. Si
je ne supporte pas la solitude, je dois l'aimer. Si je redoute le
vertige, m'y confronter. Si je redoute l'éloignement amoureux, me
l'imposer. Ainsi, le faible sera en lutte, le puissant en plein
désarroi. Le rapide marchera lentement, le grand se faufilera, le
silencieux prendra la parole. Ce que je veux, c'est ce que je ne veux
pas.
M'apparaît immédiatement le
programme,
l'enchaînement jusqu'alors nécessaire de mes actes et une
possible suspension: car toute action appartient au possible et non
au nécessaire.
Sous le règne du possible, tout prend
un autre sens.
L'action, l'option pour être plus
juste, est une branche attaché à un tronc: le Possible.
Une branche est toujours une invitation à une autre branche.
Sans programme, tu retrouves ta
puissance d'agir.
IV Une dynamique
Dès lors, m'étant abandonné à
l'ordre des possibles, je m'orienterais vers ce qui nourrit mon
adhésion. Les éclats (d'adhésion )deviendront lumières pérennes
(adhérence). Je ne serais plus que le satellite de mes Vérités,
qui, elles-mêmes interrogées sous l'angle de leur dénominateur
commun, se ramifieront en une Vérité.
Un maître. Pour
Badiou, la Vérité est du côté du collectif orienté vers un
tiers objet, du côté de l'engagement.
Avec l'autre dans
un lit, avec d'autres sur une place face à l'armée. Entre autres
exemples.
Elle ne comporte
aucune certitude et pourtant se nourrit d'une foi en un possible
devenu paradoxalement nécessaire.
La vérité forme
union, elle devient le Sujet (véritable) où nos animalités
(complexes d'instincts régressifs que nous appelons sujets,
individus ) sont métamorphosées grâce à une intensité (de
volonté) qui modifie nos représentations communes (un changement de
caractère des logiques et des représentations: des paradigmes): une
transcendance kantienne.
Par les (h)auteurs :: 31/03/2009 à 10:43 :: Judith Lesur
Dans la préface de son roman La pornographie, "roman sensuellement métaphysique. Quelle honte !", Gombrowicz évoque "une certaine poésie honteuse, une certaine beauté compromettante" à propos de la "sous-culture" que l'homme se fabrique "avec les déchets du monde supérieur de la culture".
la pornographie comme recyclage poétique des déchets me paraît être une idée très écologique.