Extrait sec d'un polar « hard boiled »Chapitre 1 (extraits)Adossé au bar... je demandai à Dorothy ce qu'elle voulait boire.
- Whisky soda, dit-elle.
Mon verre était vide; j'en commandai deux...
Elle leva son verre :
- A la vie de famille, dit-elle.
Chapitres suivants (extraits)Je bus un premier verre avec Nora qui se préparait à aller chez le coiffeur, puis, après une douche, un deuxième. Je me sentais beaucoup mieux quand le téléphone sonna.
Je me retournai, un verre dans chaque main.
- Le déjeuner peut attendre, dis-je.
- Wynant aussi, coupa Macaulay, en prenant le verre que je lui tendais.
Le lendemain matin j'étais plutôt vaseux quand Nora me réveilla.
- Je donnerais toutes ces salades des élections municipales de New York pour un bon whisky.
- Si on buvait un verre en attendant ?
- Oui, mais donne moi un verre, je t'en prie.
- Pourquoi ne déjeunes-tu pas avant de boire ?
- Il est trop tôt pour déjeuner.
Nora revint avec deux verres et une nouvelle question.
J'écartai la chienne pour prendre mon verre.
- Mais est-ce que Wynant avait réellement volé cette invention? demanda Nora, reposant son verre sur la table.
Dans l'après-midi, je m'arrêtai chez Jim pour y siffler deux verres, y tombai sur Larry que je ramenai au Normandie. Nous trouvâmes Nora qui abreuvait de coktails les Quinn. Nous nous transportâmes dans la chambre avec nos verres.
Et je passai dans le salon pour remplir mon verre.
J'arrêtai la radio et me versai un coktail.
Quinn remplissait son verre.
- Tu ne crois pas qu'on devrait boire un verre avant de s'endormir ?
- Non merci, dit-elle.
- Pour moi je crois que ça s'impose.
Quand je revins avec mon whisky-soda, Nora, les sourcils froncés, regardait fixement dans le vide. Elle se pencha et but une gorgée à mon verre.
- Peut être qu'un verre ne me ferait pas de mal, dit-elle avec une moue.
Je me levai pour lui préparer un mélange. Il était près de cinq heures du matin.
- Dorothy qui s'amène. Elle a l'air complètement noire.
Elle était saoule comme une grive.
- Où as tu ramassé cette muffée ?
Je songeai que ma femme n'avait pas touché à son scotch et passai dans la chambre où je vidai son verre.
- Si on buvait ? dis-je.
Je lui versais une dose terrifiante de whisky et la lui fit avaler. L'effet fut radical.
- Tu es content maintenant ? demanda Nora.
- Un whisky, d'abord ?
- Tout ce que tu voudras excepté un « flip » à cause de mon foie.
Je distribuai les verres et m'assis près de Mimi.
- Est-ce que Dorothy était très partie hier soir ?
- Peut-être l'étais-je moi-même, mais elle m'a parue normale.
Elle agita son verre en guise de conclusion.
- Comment se débrouille-t-on pour boire, ici ?
- On se lève, répondis-je, on s'approche de la table où sont les bouteilles et la glace et on se sert !
- Tu bois trop, chérie ! remarqua Mimi.
- Pas tant que Nick ! répliqua la jeune fille en se dirigeant vers la table.
- Vous avez soif, Nick ? cria Dorothy.
- Oui, merci !
Je pris le verre que me tendait Dorothy et déclarai qu'il était temps que j'aille m'habiller.
- Je peux ? dit Jorgensen, se levant et se dirigeant vers la table où se trouvait la bouteille.
- Si nous buvions un coup ?
- Bien sûr, fit Nora qui se leva.
Nora revint avec un siphon, une bouteille de scotch et des verres.
Nous bûmes tous en coeur. Puis Guild posa son verre vide sur le plateau et se leva.
- Si on s'envoyait un autre verre ?
Elle m'en remplit un.
- Bon dieu ! dis-je en me tournant vers Nora, sers nous à boire.
- Parfait, buvons un coup.
Nous prîmes chacun un verre sur le plateau qu'apportait Nora.
Blême, elle approcha son visage du mien, renversant une partie de son verre sur ma manche.
- C'est Quinn qui t'a procuré le pistolet.
- Non, il était saoul. Il s'était endormi.
- Je vais terminer les coktails, dit Jorgensen, excusez moi une minute.
Jorgensen entra avec les coktails.
- Vas nous préparer des coktails mon chéri.
Gilbert revenait avec le shaker. Mimi vida rapidement son verre et le fit remplir par Gilbert. Mimi avala son troisième coktail. Je vidai lentement mon verre.
- Allons chez Max : j'ai envie de me taper une douzaine d'escargots.
- Comment te sens-tu ?
- Mal. J'ai dû me coucher sans avoir pinté.
Guild, un verre à la main, m'accueillit au salon.
Je réclamai un whisky. Nora alla commander les repas et remplir les verres.
- Une femme vraiment épatante, estima Guild.
Le téléphone sonna de nouveau. Nora nous distribua nos verres et alla répondre.
Il nous serra la pince, à Nora et à moi et nous remercia pour le whisky.
Dorothy et Quinn étaient assis au bar quand j'entrai au Palma Club.
- Qu'est ce que tu bois ?
- Un rose.
- Allons voir Nora. La gniole est aussi bonne là-bas et on boit à l'oeil.
- Faites un peu le barman, dit Nora à Quinn, vous savez où est le poison !
- Où l'as tu ramassée ?
- Dans un bar... tu n'es pas noire, non ?
- A peine !
Nous nous assîmes à une table, dans un coin, et Studsy donna des instructions détaillées à propos du champagne.
Je m'interrompis. Le garçon arrivait avec le champagne. Nous le goûtâmes et le déclarâmes excellent. En réalité il était ignoble.
- Tu crois qu'il a tué la fille ? demandai-je à Studsy.
- Laisse-moi remplir vos verres.
Nora déclara qu'elle voulait rentrer tôt et qu'elle ne voulait pas se saouler.
Nunheim s'approcha de la table et prit une bouteille qui contenait un fond de whisky. Il poussa deux verres dans notre direction.
- Vous prenez un verre ? dit-il.
Guild fit la grimace.
- Cette saloperie ! Merci ! grogna-t-il.
- Elle me rend cinglé quand elle boit, grogna-t-il; elle m'a cherché toute la journée.
Je versai un peu de whisky dans un gobelet que je tendis à Nunheim.
- Merci, bégaya-t-il. Il but, toussa, et tira un mouchoir crasseux de sa poche pour s'essuyer la figure.
- Si on s'en envoyait un ?
Elle prépara des cocktails. J'en étais à mon troisième quand elle revint du téléphone.
Je cessai de boire pour me demander :
- Au fait, est-ce que Nunheim et Jorgensen se connaissent ?
Quinn était saoul comme une bourrique, et Dorothy avait incontestablement un verre dans le nez.
Quinn s'approcha de nous en titubant.
- C'est la faute d'Alice. Elle me fait la gueule depuis une semaine; si je ne buvais pas, je deviendrais cinglé.
- Qu'est-ce qu'elle te reproche ?
- Je bois trop.
Elle offrit de faire avaler quelque chose – quoi au juste ? - à Quinn qui ne tenait plus debout.
Dans le taxi, Quinn, écroulé dans un coin, endormi, dans l'autre Dorothy, raide et silencieuse.
Je hissais Quinn chez lui. Il était à peu près inerte.
- Il est trop tôt pour rentrer, conclut Nora.
- Il y a des bistrots, remarquai-je, et des boîtes de nuit et Harlem.
- C'est toujours la même chose ! dit Nora en faisant la moue... Je préfère retourner chez ton ami Studsy, à condition que tu m'évites ce champagne infect.
Nous nous juchâmes sur des tabourets et je commandai à boire.
Nous prîmes nos verres sur le comptoir pour aller nous caser à la table que le garçon avait réussi à insérer entre deux autres. Nora trempa ses lèvres dans son verre et frissonna :
- Crois-tu que ce soit la décoction de ciguë dont il était question dans le mot croisé d'hier ?
Nous passâmes la commande et le garçon s'en alla.
Il la mena vers le bar.
- Elle travaille son chant et...
Shep contempla son verre vide.
- Ton lait de panthère doit lui rôder les cordes vocales.
Il se retourna pour crier à Pete :
- Hé ! Sac au dos ! remets nous ça ! On chante au temple demain.
- Ça vient, ça vient, Sheppy, cria Pete.
- Ce salaud de Sparrow, m'expliqua-t-il, quand il a un verre dans le nez, faut pas prendre de risques avec lui.
Dorothy gémissait :
- Je vais être malade ! Je le suis...
- Quel pétrole ! dit Nora.
Elle laissa tomber sa tête sur mon épaule.
- Nicky, dit-elle, ta femme est noire !
Mimi ouvrit la porte et entra portant sur un plateau une bouteille de whisky, un siphon, des verres et de la glace.
- J'ai pensé que vous auriez soif, dit-elle aimablement.
Nous la remerciâmes.
Elle posa le plateau sur la table, dit : « Je ne veux pas vous déranger »...
Il se tourna vers le plateau.
- Comment le prenez-vous ? dit-il.
- Sec, merci.
Il me tendit mon verre de whisky.
Guild qui allait boire reposa son verre sur la table.
- On continuera le round tout à l'heure, va me chercher de l'eau.
Nora revint enfin avec un grand verre d'eau.
- Asperge-lui la figure ! dis-je.
Elle obéit.
- Encore ! dis-je à Nora.
Le second verre d'eau lui fit bafouiller une protestation et elle cessa de lutter.
- Quelle douche !
- Filons, dis-je. Gilbert, sers un verre à ta mère. Dans une ou deux minutes elle ira très bien.
- Si on se tapait un verre pour se débarrasser le gosier ?
- Tu ne peux pas rester un jour sans boire ?
- Nous ne sommes pas venus à New York pour boire de la flotte.
Elle me versa un whisky et alla commander le petit déjeuner.
Vous buvez un verre ? me proposa-t-il en ouvrant un tiroir de son bureau.
Mais je me méfie comme la peste du tord boyau des flics et je répondis :
- Non merci.
...
Chapitre 31 (extraits)- Tu veux toujours repartir demain pour San Francisco.
- Non. Restons encore un peu dans le coin, toutes ces histoires m'ont mis en retard sur mon programme de biberonnage...
FIN
(Extraits de « l'introuvable » The Thin Man, Dashiell Hammett, 1934)
Les seuls verres d'eau du roman servent à ranimer une femme évanouie. On savait boire, à l'époque.
Quand même mère
des fonds profonds.
Grand secret percé.
Domaine fascinant, tapant, berçant, flottant.
Mer tracée, faufilée sur les bords bordée,
remuée, mer splendeur crevée, épave où l'eau saoule.
Immobile mobile, doucement violente.
Mer ouverte et fermée, fascinante surface,
haleine forte.Balayée, frappée, mer cuirasse lisse perforée,
vomis les bouts d'épaves, les déchets.
L'enfer liquide, supplié, supplicié.
Mer noire, cendrée, surface poubelle.
Vol d'oiseau glué, couleurs moisies, pourries.
Qu'est-ce qui reste?
Cure, panser, soigner, prendre soin, prendre la mer en cure,
survivre et soigner, prendre soin pour transmettre,
panser pour la route et la mer curée.
Pas de chagrin.
DÉFINITION:
mère = femme qui engendre.
cure = soigner, bichonner, curer, cureter, avorter.
se faire liquider = naître.