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Rêves périmés / une trilogie / épisode 3

Par les (h)auteurs :: 23/10/2007 à 9:52 :: Etienne Faye

La voiture

Il veut une liberté totale. Il est fou, ça fait marrer Pierre. Il a un flingue et on sent que ça lui ferait plaisir de s’en servir. Il casse les vitrines, comme ça, pour les casser, ce n’est pas pour ce qu’il y a à voler, même s’il se sert sans vergogne, sans gêne aucune. Pierre n’approuve pas, il accompagne, il se dit je l’empêcherais d’aller trop loin. Surtout, ça l’amuse. Liberté totale, cela veut dire libération de la violence, liberté totale, cela veut dire il est dingue. Outre Pierre, il y a deux ou trois autres suiveurs, comme Pierre, ils n’agissent pas, ils matent, ils rigolent, se réjouissent du spectacle de la liberté. Le fou dit et si on piquait une grosse voiture. Une Mercedes, une BM. On regarde alentour, une super belle bagnole, une BM. Le fou a une énorme masse dans la main, il se dirige vers l’objet de son désir, mais il y a quelqu’un à l’intérieur, sur le siège arrière, une silhouette. Bon, il faut le tuer, on s’attend au massacre. Le dingue n’hésite pas un instant. Pierre, séduit un instant par l’idée du meurtre, s’affole. Non, non, attend, il y a peut-être une autre voiture à tirer ! Il a beau regarder autour de lui, il y en a partout, des tires, elles forment une masse compacte, rangées les unes derrière les autres, serrées les unes aux autres, non, il n’y a qu’une grosse voiture à la portée d’un voleur, la BM. Pierre décide d’être le premier sur les lieux du crime. Il contourne la bagnole, elle est vraiment belle, il se penche vers le mec, dedans, la silhouette. Il ne sait pas s’il va lui dire de se casser, vite avant que... ou s’il va lui-même le massacrer. Un couteau dans la gorge, ou dans le front. Un coup aussi dans le bide, un meurtre, faut que ça gargouille, que ça se répande. Un bruit de portière, je ne sais. Pierre détourne les yeux, un homme ouvre la porte de devant, la place du mort. Stupeur. C’est le père de Paul, la barbe ne trompe pas. Pierre a un mouvement de recul. Il ne reconnaît pas l’homme, parfaitement calme, qui est resté à l’arrière. Un autre bruit de portière, ou une intuition, il se penche, quelqu’un est au volant. Cheveux blonds décolorés, barbe en collier de la même teinte et pourtant. Il y a le fou derrière moi, il va se déchaîner si je ne fais rien. Le conducteur, c’est Paul.

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Commentaires

Le 23/10/2007 à 21:08, par ravella
Et hop, dans l'oreiller.
Si c'est pas abuser !
Le 24/10/2007 à 9:01, par judith
t'es Pierre ou t'es Paul ?
Le 24/10/2007 à 11:30, par Etienne
J'étais Pierre...
Le 24/10/2007 à 15:17, par luc
bon ben c'est du bon boulot ça. Mais c'est vrai qu'on ne sait pas toujours qui est pierre ou paul ou le meurtrier.
Le 24/10/2007 à 23:34, par judas
j'ai bien ma petite idée sur la question...
Le 25/10/2007 à 15:12, par Pierre

La toile a bougé. En coup de vent, l'aimable fantôme s'est manifesté.
Le 29/10/2007 à 18:56, par Ignatius
C'est pas ce qui m'arrive le plus souvent, mais je me sens con, ton texte est une énigme dont je n'ai pas les clés.

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