Calendrier

« Juillet 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

les (h)auteurs

les (h)auteurstribulations littéraires et existentielles

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Un rêve enfin pêché

Par les (h)auteurs :: 29/10/2007 à 21:39 :: Philippe Puigserver
“Dominique Delfan recoit sur rendez-vous dans le nouvel institut Jacques Dessange. Cette jeune femme d’une quarantaine d’années s’est spécialisée dans l’écoute.” Le papier git par terre dans l’appartement évidé de nos souvenirs. Les armoires béantes disent leur désarroi devant le départ soudain de toutes ses affaires. Les tapisseries exhibent les traces lépreuses des photos arrachées à la va-vite. La lumière ne se cogne plus au désordre familier de notre quotidien. Elle est devenue plus crue et ne me laisse aucune obscurité où cacher mon chagrin. Tout est cyniquement lumineux. Son trousseau de clés, abandonné, renvoie des éclats de diamant qui laisse croire à la magnificiance de la situation. Je sors dans la rue assaillie par le printemps. Les passants arborent des couleurs vives et les sourires virevoltent à la cantonade. L’office de tourisme a ouvert ses portes ce matin et déjà des centaines de laissez-passer ont été validés pour passer la frontière. L’employée ne comprend pas pourquoi j’ai fait la queue aussi longtemps si je ne viens pas réclamer moi aussi mon sésame. Elle me donne l’adresse de l’institut Jacques Dessange situé secteur nord en me qualifiant d’original. Je recois l’adjectif sans broncher, je n’ai pas la tête à me lancer dans une polémique sur la lutte des classes. Je file au nord dans un taxi autorisé. La boutique est clairsemée, je n’ai aucun mal à rencontrer Dominique Delfan. Je lui expose les faits et sort une photo de Salomé sans émotion excessive. Je ne tiens pas à égrenner le chapelet de notre histoire. Devant son silence complice, je sens bien qu’il faut que j’en lâche davantage. Elle m’installe dans un fauteuil confortable et commence à m’enduire le visage de différentes essences. Les concoctions défilent au rythme de mes aveux. Monologue sculpté à coups d’aromates. Parfois je m’assoupis mais les mots continuent de sortir. Un jour, elle me parle pour la première fois -”la séance est finie, au revoir”. La voix est douce et ferme. Je sors, l’été est en train de finir. Au détour d’une vitrine, j’aperçois mon visage. Tout y est inscrit. Comment ai-je pu me tromper tout ce temps ? Je rentre chez moi, remplis une valise et me dirige vers l’office de tourisme. La même employée m’accueille. Oui, il reste encore deux ou trois laissez-passer. Mais je ne pourrais pas retourner avant plusieurs lunes. Je lui confesse que cela m’est bien égal car j’ai maintenant tout mon temps. Elle me scrute longuement avant d’aposer le tampon officiel. Je la remercie et lui laisse le papier-réclame de l’institut Jacques Dessange. Elle l’enfile prestement dans sa poche en m’avouant qu’elle est encore trop jeune. Un jour, oui, pourquoi pas ? Je m’enfourne dans la navette. Nous croisons des vacanciers qui rentrent. Leurs visages sont simplement bronzés. Je ferme confortablement les yeux et m’enfonce dans l’aube.

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://leshauteurs.zeblog.com/trackback.php?e_id=266179

Commentaires

Le 30/10/2007 à 16:43, par judith
dites, les gars, vous ne pourriez pas rêver avec des retraits et des sauts de ligne ?
Le 30/10/2007 à 20:49, par puigserver
quand j'écris, il y a les sauts de ligne et quand je vois le billet sur le blog, tout est en un seul jet. Un complot ourdi contre Mac ou par Mac ?
Le 31/10/2007 à 10:30, par ravella
C'est un complot anti safari, parait-il.
On va essayer avec Firefox.
Le 31/10/2007 à 17:40, par judith
faites-vous aider par vos enfants, si vous n'y arrivez pas
Le 31/10/2007 à 19:30, par Etienne
hin hin hin (grincements rigolards)
Le 01/11/2007 à 10:51, par mondemoiseau P
C'est bien d'écrire un texte aujourd'hui, même entre nous, on ne parle que de l'emballage !
Le 01/11/2007 à 11:56, par Etienne
Je suis d'accord. Peut-être se méfie-t-on de la réciproque ? Avons-nous peur de nos camarades, en tous cas de leurs réactions ?

Bon puis pour ce qui est de l'emballage, il faut dire qu'il est, je crois pour chacun de nous, une préoccupation. Ce n'est donc pas une question secondaire, si ? Eternel débat, certes, entre forme et fond...
Le 01/11/2007 à 12:03, par Etienne
Pour ce qui est de ce texte-là, c'est un rêve. Il révèle a priori beaucoup de l'intimité de son auteur : plus qu'un autre, peut-être, et donc il son interprétation me semble délicate.

Qu'en penses-tu ?
Le 03/11/2007 à 16:05, par philippe
Le rêve m'appartient, le texte appartient au lecteur. C'est donc sur le texte et non sur le rêve que l'on peut dire. Quoi ? J'en sais rien, insipide, n'aime pas le style, ne me parle pas, aucun intérêt, rigolo, étrange, mnésique, …
Le 04/11/2007 à 10:18, par Stephy
Les rêves de Philippe... Les images épistolaires de Philippe... L'oeil scrutateur d'un moment de vie... Un vrai monde ! A découvrir.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.