Je les avais prévenus I
Je les avais prévenus en début d'année.
Je leur avais dit, j'ai des projets personnels, personnels pas dans le sens, projets de vie, parce que ça, je n'y pense même pas, non, personnels dans le style boulot, commande, textes potentiellement rentables, c'est-à-dire payés, c'est-à-dire pas forcément foncièrement complètement incompatibles avec la possibilité d'un projet de vie.
Bref, j'avais dit : les lectures des (h)auteurs, perso, c'est fond de tiroir et recyclage. Pas question, comme l'année dernière, de perdre du temps à écrire, à écrire pour le plaisir.
J'ai de trop gros chantiers ailleurs, des trucs lourds, un peu comme une grande grande étendue marécageuse qu'il me faudrait assécher à la petite cuiller.
Outre l'absurdité de la tâche, que j'ai décidée, depuis longtemps, de ne plus questionner, sinon, autant mettre des cailloux dans ses poches, du sable dans sa bouche et sauter, pieds et poings liés, dans ce foutu marécage, donc, outre l'absurdité de la tâche, puisque sans vouloir jouer sur le registre judéo-chrétien de l'épreuve ou de la mission, on ne peut quand même pas nier que c'est d'un labeur dont il s'agit, je voudrais m'attacher à construire.
Projeter dans le long terme. Utiliser le sable, que je suis souvent bien tentée de me fourrer dans la bouche pour étouffer un cri, mélanger ce sable, donc, à l'eau, et cimenter quelque chose dans la durée. Arrêter de me faufiler dans les interstices, même si ça sert parfois à colmater des failles, des béances, voire des abîmes, disons, faire autre chose que m'immiscer dans des fissures qu'on ne remarque que si on a le regard aiguisé pour.
Donc, ne pas me contenter de creuser un sillon dans un champ en jachère, mais viser le développement durable, m'inscrire à la fois dans le temps et dans le paysage, bref, pas survivre, mais exister.
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